
0
Bienvenue à l’Aurlandskoen et à l´usine de chaussures d’Aurland. Au cours de cette visite guidée, vous découvrirez l´histoire de la légendaire chaussure d’Aurland, l´inventeur qui se cache derrière le mocassin « penny loafer » original et la raison pour laquelle on y trouve une pièce 10-øring (10 centimes de couronnes). Lorsque la partie historique sera terminée, vous pourrez faire un tour dans l´usine et avoir un aperçu du processus de fabrication de la chaussure. Tous nos clients qui ont écouté l´audioguide bénéficient d´une remise de 10% sur nos produits en magasin. Montrez à l´un ou l’une de nos hôtes ou hôtesses de caisse que vous avez utilisé l´application de cet audioguide. Si vous séjournez dans l´un de nos hôtels : l’hôtel Fretheim, Aurlandsfjord, Heimly ou Myrkdalen, vous bénéficiez de 15% de réduction sur nos produits. Présentez votre confirmation de réservation ou votre carte de chambre lors de vos achats.

L´initiateur de la légendaire chaussure Aurland est Nils Tveranger, qui au début de la vingtaine, part pour l’Amérique, où il suit une formation de cordonnier. On pense que Tveranger s´inspirera du mocassin du peuple iroquois, comme de la chaussure Tese du “peuple indigène de Norvège” lorsqu’il développera la chaussure Aurland. Après plusieurs années en Amérique, il rentre en Norvège et s´installe comme cordonnier à Aurland, où il rencontre Hansine Torlandsdotter Ohnstad. Les deux jeunes gens se marient et ont quatre enfants. Tveranger conçoit d’abord une chaussure Aurland connue sous le nom de “Nasjonalskoen”, “la Chaussure Nationale”. Dotée d’un talon et de lacets, elle remporte le premier prix à l´exposition nationale de Bergen en 1910. De 1930 à 1935, Gustav Nesbø et Kristin Ohnstad reprennent la production de la Chaussure Nationale. Entre-temps, Tveranger a conçu une nouvelle chaussure, la chaussure Aurland telle que nous la connaissons aujourd´hui. Celle-ci s´inspire également beaucoup de la chaussure locale Tese, que les frères Vebjørn S. et Andreas O. Vangen ont créée et exposée au pavillon norvégien lors de l´exposition universelle de Chicago en 1893. Le nouveau modèle de Tveranger est un grand succès commercial tant au niveau national qu´à l´étranger. Et au Danemark, elle prend le nom de « chaussure de cabane norvégienne ».

L´art de la cordonnerie a une longue tradition à Aurland et l´histoire de la légendaire chaussure d´Aurland remonte loin dans le temps. Les racines de la profession de cordonnier se situent dans les années 1880. À cette époque, les fermiers cousaient leurs propres chaussures, les Lodasko, les chaussures Loda. Elles étaient faciles à fabriquer et très courantes dans la communauté agricole norvégienne. Entre 1930 et 1970, au plus 19 usines et environ 100 employés travaillent à la fabrication des chaussures Aurland. Seuls les hommes sont comptabilisés parmi les 100 employés, tandis que les femmes assurent le nettoyage, prennent les commandes et tiennent les comptes. Bien que les années 1930 soient marquées par des ralentissements économiques, l´optimisme règne à Aurland avec une nouvelle chaussure sur le marché. Mais, vers la fin des années 1960, les temps deviennent plus difficiles pour l´industrie de la chaussure en Norvège et la concurrence accrue conduit à la fermeture d´usines dans tout le pays. Cela affecte bien sûr également la production de chaussures à Aurland. Les 19 usines sont réduites à quelques-unes en peu de temps. Bien que beaucoup aient quitté l’industrie de la chaussure, une personne a essayé de perpétuer la tradition avec la chaussure Aurland. Ansgar Wangen, avec sa femme Eldbjørg et son fils Svein Odar, en était depuis 1989 le seul producteur. En 2008, l´entreprise est cédée à d´autres propriétaires locaux et inscrite à l´Économusée en 2009 comme la seule en son genre en Europe du Nord. Aujourd´hui, la société Norway´s best, anciennement Flåm AS, détient 100% d´Aurlandskoen.

La chaussure Aurland a deux modèles : le Wangen et le Buxton. Le Wangen est notre modèle le plus ancien et c´est celui que la plupart des gens connaissent. Sorti en 1934, il est considéré comme la « chaussure de tous les jours » de l´usine. Notre deuxième modèle, le Buxton, a été lancé en 2019 et est une version plus élégante de la chaussure Aurland d´origine. On raconte que les Lakselords, les Lords anglais du Saumon qui sont venus à Aurland dans les années 1880, avaient besoin d´aide pour réparer leurs chaussures et que cela a été une raison importante de l´expansion du métier de cordonnier à Aurland. L´un d’eux, Lord Buxton, se serait rendu chez les cordonniers d´Aurland et aurait demandé une chaussure à la fois confortable et élégante pour être portée à l´hôtel dans lequel il passait la nuit. Nous avons donc choisi d´appeler notre modèle revisité : le Buxton.

La bride disposée sur le dessus du plateau, dite applique est la marque de fabrique de la chaussure Aurland et la dernière partie cousue sur la chaussure. À une époque où il y avait de nombreux fabricants d’Aurlandskoen, c’était la forme de la découpe de l’applique, dans laquelle on glissait la pièce de 10 centimes de couronnes (10 øringen), qui distinguait les fabricants les uns des autres, car chaque usine en avait son propre design. La pièce de 10 centimes dans la chaussure a plusieurs significations. Beaucoup la portaient comme bijou sur leurs chaussures, tandis que d’autres l’utilisaient pour montrer leur solidarité pendant la Seconde Guerre mondiale, comme certains arboraient un trombone sur leur bonnet rouge(ou revers de veste). Il y a aussi des histoires amusantes concernant cette pièce de monnaie dans la chaussure. Certains l’utilisaient pour indiquer s’ils étaient en couple ou non. S’ils avaient une pièce dans une seule chaussure, ils étaient libres mais s’ils étaient dans une relation stable, ils en avaient une dans chaque chaussure. Certains clients de la région de Bergen ont également raconté qu’ils portaient des pièces de 10 centimes s’ils étaient célibataires, mais que s’ils étaient en couple, ils plaçaient 25 centimes dans leurs chaussures.

Les deux machines devant lesquelles vous vous tenez maintenant poinçonnent de grandes sections de cuir, que le cordonnier coud ensuite ensemble. Poinçonner le cuir n’est pas aussi facile qu’il y paraît. Les cordonniers de l’usine savent quelles sont les meilleures parties de la peau de la vache et comment les découper. Le cuir du dos est plus rigide et plus fin que celui du ventre. En bas du ventre, il y a souvent de la peau souple qui ne convient pas à la production de chaussures. Ce surplus de cuir est souvent utilisé pour fabriquer d’autres produits, comme des trousses à maquillage, des porte-cartes, des ceintures et des bracelets. Le cuir de nos produits provient des vaches. Avant, nous achetions du cuir à la tannerie Borge à Osterøy, mais elle a fait faillite en 2011. Aujourd’hui, nous utilisons du cuir véritable de Turquie de haute qualité. Pour fabriquer le modèle Wangen de la chaussure Aurland, il faut poinçonner 7 pièces différentes qui sont assemblées dans d’autres ateliers. Ces pièces sont : 1. Le talon 2. L’applique 3. Le bord(ou le bracelet) 4. L’empeigne 5. Le bout 6. Le plateau(ou la claque) 7. La semelle intérieure (première de montage)

Ceci est une machine à parer. Savez-vous ce que signifie “parer” ? Avant de commencer à coudre la chaussure, on doit désépaissir les pièces de cuir pour les assembler plus facilement en évitant les sur-épaisseurs. Ce que fait donc la machine à parer, c’est qu’elle gratte un peu le cuir pour en faciliter la couture. Cela rend également la chaussure plus jolie et plus agréable à porter. La machine à parer est également utilisée pour amincir d’autres morceaux de cuirs, comme les bouts de ceinture et les bords de sacs. La machine rouge et la machine bleue font la même chose. Maintenant vous savez ce que signifie “parer”.

La production de la chaussure Aurland s’est modernisée, mais une grande partie du travail lors de sa fabrication est toujours effectuée à la main. La plupart du temps, on utilise la machine à coudre lorsque la chaussure doit être cousue. Coudre à la machine est plus efficace et moins fatigant qu’à la main, comme on le faisait dans le passé. Auparavant, lorsque la chaussure était cousue à la main, on utilisait du fil de lin d’Irlande. Et au lieu d’une aiguille, des poils de sanglier russe. Le cordonnier attachait les poils au fil de lin et commençait à coudre ensemble les différentes parties de la chaussure. Il perçait un trou avec un poinçon et enfilait les poils de sanglier dedans. Il existe plusieurs types de machines pour coudre les différentes parties de la chaussure Aurland. Toutes les pièces cousues ensemble constituent alors ce qu’on appelle « la tige ». La tige est donc un dessus de chaussure informe et sans semelle.

Vous êtes maintenant arrivés à la salle de montage. Ici la tige est mise sur la forme et fixée à la semelle intérieure, dite « première de montage ». La machine n°1 sert à insérer le contrefort de la chaussure, dans le petit espace laissé à l’arrière du talon lors de la fabrication de la tige. Quand le cordonnier a posé le contrefort, il utilise cette machine pour le chauffer et façonner ainsi le talon de la chaussure. Aujourd’hui, la vapeur est utilisée pour faciliter le façonnage de la chaussure. Le cordonnier utilise la machine n°3 pour passer à la vapeur la tige. Une fois passée à la vapeur, la tige est placée sur la forme, qui aide le cuir à se façonner. Lorsque la tige est sur la forme, le cordonnier pose la forme sur la machine n°4. Cette machine utilise de la colle chaude pour coller la tige avec la première de montage ; la chaussure prend forme. Les formes utilisées avant étaient en bois. Après avoir plongé la tige dans l’eau chaude, le cordonnier l’étirait et la façonnait sur la forme, puis clouait la chaussure. Aujourd'hui, il est plus efficace d'utiliser de la vapeur et une machine pour étirer et coller les chaussures.

Ici, dans la salle de collage, le cordonnier colle la semelle à la chaussure. Un type spécial de colle est utilisé pour que la semelle soit bien fixée. Avant cela, les chaussures doivent être poncées avec la ponceuse dans la pièce voisine. La machine n°1 est la ponceuse. Le cordonnier élimine les aspérités sur le dessous de la première de montage, pour la rendre confortable et que la semelle puisse bien adhérer. La machine n°2 sert à coudre la semelle du Buxton. Ce modèle a uniquement une semelle cousue. La dernière étape dans la salle de collage consiste à presser la semelle. Les cordonniers utilisent la machine n°3 pour chauffer à nouveau la colle de la semelle. Lorsque la colle est réchauffée, le cordonnier assemble la partie supérieure de la chaussure et la semelle, puis les place dans la machine n°4. Cette machine utilise des coussins d’air pour presser uniformément la semelle sur la chaussure, de sorte qu’elle soit bien fixée.

La première chaussure que vous voyez dans l’exposition est la chaussure Tese. C’est l’une de celles dont Nils Tveranger s’est inspiré pour créer la chaussure Aurland. La deuxième chaussure que vous pouvez voir est le mocassin du peuple iroquois que Nils Tveranger a appris à fabriquer aux Etats-Unis. La troisième chaussure est la Chaussure Nationale. C’est la première que Nils Tveranger a sortie et c’est avec elle qu’il remporte le premier prix à l’exposition nationale de Bergen en 1910. Les chaussures numéro quatre sont deux chaussures produites par deux usines différentes ici à Aurland. À son apogée, il y avait 19 usines réparties entre Aurland et Flåm, 17 à Aurland et 2 à Flåm. Comme dit précédemment, vous pouvez voir dans quelle usine la chaussure a été fabriquée en regardant la “tverrbjora” (l’applique), où se trouve la pièce de monnaie. La chaussure numéro cinq est une paire de vieilles chaussures bunad portées avec le costume traditionnel – le bunad, et utilisées par les populations locales depuis de nombreuses années. Ce sont des chaussures Aurland noires, sur lesquelles est cousue une boucle en argent. La chaussure numéro six est une chaussure de l’usine d’Angstar Wangen, dans laquelle vous vous trouvez actuellement. C’est ainsi qu’il a fabriqué Aurlandskoen. La dernière chaussure exposée est celle à laquelle ressemble la chaussure Aurland d’aujourd’hui. À ce jour, nous avons deux modèles différents : le Wangen, qui porte le nom de l’usine et des anciens propriétaires, et le Buxton, qui est une “nouvelle” version plus élégante de la chaussure Aurland.